15 juin 2020


Edito de l’évêque >
Adoration du Saint-Sacrement et banque alimentaire

Pendant ces deux mois de confinement, deux réalités ont illuminé mon quotidien jusqu’à prendre une place primordiale dans ma vie et dans ce que je voudrais transmettre durant mes derniers mois au service du Seigneur dans le diocèse d’Avignon : l’adoration eucharistique et la banque alimentaire. A priori, rien de commun de l’un à l’autre et pourtant !

Chaque matin, j’avais rendez-vous dans ma chapelle avec Jésus présent dans le Saint-Sacrement. Dès avant six heures, j’étais là devant lui, je commençais par réciter le bréviaire puis je ruminais quelques instants une page d’Évangile et je restais-là devant lui dans un tête-à-tête fabuleux. Je fermais mes yeux, mais je voyais le Saint Sacrement et la présence de l’Innocent crucifié qui s’approchait de moi. L’amour et la miséricorde qui jaillissaient de son cœur transpercé coulait comme du feu dans mon cœur, inutile de dire quoi que ce soit, nous ne faisions plus qu’un dans le silence : Lui près de moi et moi près de Lui. Ce feu d’amour venait me purifier de mon péché et m’unir à Lui dans le silence et nous restions là ensemble une bonne heure avant que je parte pour célébrer l’eucharistie avec les deux vicaires généraux et un jeune prêtre étudiant à Rome, nous étions alors en communion avec tous ceux et celles qui participaient par les médias à l’unique sacrifice de la Croix dans le sacrifice eucharistique. Nous étions tous au pied de la Croix à la source de la Vie, moment de grande joie de communion et de fraternité.

Chaque jour, à l’heure de la sieste, j’avais de nouveau rendez-vous avec Lui. Je commençais ce nouveau temps de communion par la lecture d’une page du Bienheureux Charles de Foucauld, puis parfois pendant quelques minutes le sommeil prenait le dessus, ensuite je goûtais de nouveau la joie d’être là, de demeurer avec Lui, en Lui. Je ne vois rien, je ne sens rien, mais je sais qu’il est là ! Y a-t-il quelque chose de plus important dans notre vie que cette communion dans l’Amour, gratuitement, pour Lui ? Toute ma vie était alors habitée par sa présence et son amour, je gardais toutes mes limites, mon tempérament, mes réactions vives, mais cette présence transfigurait tout et donnait sens à cette pandémie.

Une semaine avant Pâque, j’ai eu un échange téléphonique avec le Préfet, nous avons parlé de l’urgence de rejoindre les plus démunis pour leur apporter de l’aide alimentaire. Le lendemain, le lundi saint, je décidais de l’urgence de voir avec les doyennés et les paroisses comment mieux venir en aide aux familles dans le besoin ; il y avait là une urgence, une priorité. Avec Hina Lefrançois, nous en avons parlé et le Vendredi saint, j’écrivais un courrier aux vicaires épiscopaux pour lancer cet appel. Dans la lumière de Pâques, les prêtres ont été alertés, une chaîne de charité s’est mise en place : de la banque alimentaire à l’archevêché puis dans les doyennés et les paroisses avec des bénévoles, des prêtres et des diacres, et même une participation de nombreux prêtres pour financer l’achat à la banque alimentaire de produits de première nécessité. Aujourd’hui, deux fois par semaine une équipe va à la banque alimentaire, les surplus provenant de l’Europe et d’un certain nombre de grandes surfaces sont chargés, répartis dans les huit doyennés qui les partagent entre les paroisses et des sacs alimentaires sont portés aux familles dans le besoin. Quelle joie de voir nos paroisses vivre une authentique diaconie et un prêtre m’a écrit : “je redécouvre la joie de rejoindre les plus pauvres aux périphéries, la joie de me laisser enseigner par eux tout en leur apportant une aide non négligeable”. Mon souhait est vraiment que ce service de la charité puisse perdurer au moment où le chômage explose et où la pauvreté laissera sur le bord de la route bien des gens. N’abandonnons pas la diaconie à des ONG, fut-ce le Secours Catholique, nos paroisses doivent continuer à rayonner la charité du Christ pour la joie de tous, même des chrétiens qui redécouvrent ainsi la dimension de la charité et la joie de rejoindre le Christ à travers ce service, cette diaconie, une dimension fondamentale de notre vie en Christ.

+ Jean-Pierre Cattenoz,
 archevêque d’Avignon

Actualité du diocèse >
Nominations 2020

Je commencerai par rendre grâce pour tout ce que nous avons vécu de beau durant cette année bouleversée par la pandémie du Coronavirus. Pour nous tous, ces deux mois de confinement ne furent pas faciles à vivre. La vie de nos paroisses a été profondément perturbée par l’impossibilité de se rencontrer en raison du confinement sinon grâce aux différents médias. Je suis plein d’émerveillement devant l’imagination qui a été la vôtre pour arriver à rejoindre vos brebis pour faire Église dans ce contexte inédit. Je remercie également le CrossMedia qui nous a permis de vivre des moments forts de vie en Église diocésaine notamment à l’occasion de la Fête/Faites des saints, le 10 mai dernier. Nous sommes maintenant dans la joie de reprendre progressivement notre vie paroissiale.

À cette situation inédite, s’ajoute la crise financière du diocèse à laquelle tous s’attellent pour arriver à remettre à flot nos finances diocésaines au service de toutes nos paroisses. Enfin, pour moi, vous le savez, je vis mes derniers mois au service direct de notre Église d’Avignon et je porte douloureusement toutes ces épreuves ; je vous invite à prier pour moi afin que je puisse tenir et porter ma Croix au mieux durant les six prochains mois.

Dans le cadre des efforts faits par le diocèse pour réduire ses charges financières, plusieurs prêtres nous quitteront cet été pour regagner leur Église d’origine. Je tiens à leur dire merci pour l’aide qu’ils nous ont apportée ces dernières années. Je remercie également leurs évêques qui ont bien compris la situation dans laquelle nous étions et qui nous obligeait à de telles mesures. Concrètement :

  • Le père Jean-Liset Randriamanantenasoa, curé de Châteauneuf-de-Gadagne et de Jonquerettes, regagne son diocèse d’Antsirabé à Madagascar après quatre années passées au service du diocèse.
  • Le père Pascal Ratiarison, vicaire à Orange et Caderousse, rentre également dans son diocèse d’Antsirabé après trois années passées au service du diocèse.
  • Le père Benoît Tao quitte le plateau de Sault de Vaucluse pour retrouver son diocèse de Dédougou au Burkina Faso après trois années passées au service du diocèse.
  • Le père Alain Jules Mbarga Minkoulou, vicaire à Apt, rentre dans son diocèse d’Édéa au Cameroun après deux années au Studium et une année en paroisse dans le diocèse.
  • Le père David Méména, curé du secteur interparoissial de Grambois, rentre dans son diocèse de Yagoua après six années passées au service du diocèse.
  • Le père Samuel Mélédi, curé du secteur de Camaret, quitte le diocèse et part continuer une mission de fidei donum dans le diocèse de Digne.
  • Le père Paul Yorokpa sénior, prêtre étudiant, regagne son diocèse de Gagnoa en Côte d’Ivoire après six années passées dans le diocèse.

D’autres prêtres nous quitteront également pour d’autres missions ou à la demande de leur supérieur ; nous les remercions pour tout ce qu’ils nous auront permis de vivre de beau grâce à leur ministère dans notre diocèse :

  • Le père Charles Bitariho, des pères de la Doctrine Chrétienne, vicaire dans le secteur de Cavaillon, nous quitte pour une nouvelle mission dans sa Congrégation en Italie.
  • Le frère Arul Nesan Sagayanathan, vicaire de la paroisse Saint-Ruf, part pour une nouvelle mission.
  • Le père Étienne Jonquet, prêtre de Notre-Dame de Vie, incardiné dans l’Institut, sera à temps plein au service du Studium de Notre-Dame de Vie de Sainte-Garde.
  • Le père Silvio Mendonça Rocha Alvino, curé de Monteux Althen, a quitté Monteux à la demande de son supérieur pour regagner le Brésil.

Dans le clergé du diocèse :

  • Le père Hector Argamonte, curé de Morières-Lès-Avignon - Vedène, est prêté au diocèse de Bourges.
  • Le père Marc Langello, curé de Pernes-les-Fontaines, prend sa retraite et devrait se retirer comme prêtre auxiliaire à Loriol-du-Comtat. Nous le remercions pour toutes ces années passées à Pernes-les-Fontaines.
  • Le père Pierre Avéran arrête sa mission de bibliothécaire diocésain. Merci pour tout ce qu’il a apporté à notre bibliothèque diocésaine.

Plusieurs prêtres en mission hors du diocèse regagnent le diocèse au terme de leur mission :

  • Le père Robert Culat, chargé de la Communauté Catholique Francophone de Copenhagen au Danemark, regagne le diocèse.
  • Le père Frédéric Fermanel termine son doctorat de Droit Canonique à la Grégorienne et regagne le diocèse.
  • Le Père Jérôme Dejean de la Bâtie quitte l’oratoire et le diocèse de Toulon. Il est de nouveau incardiné dans le diocèse et il part au service de la Communauté Catholique Francophone de Copenhagen au Danemark.

Nous aurons enfin la joie des ordinations :

  • de deux diacres en vue du sacerdoce, Vincent Pham, du séminaire d’Ars, et Cristiano Aparecido Dos Santos Sanches, de la communauté Pantokrator, qui termine ses études au Studium de Notre-Dame de Vie ;
  • d’un diacre permanent, Bruno Taupenas, de Cucuron ;
  • et de cinq prêtres pour le service du diocèse :
    • Baptiste Vanel, en stage diaconal à Orange ;
    • Bébé Anderson, en stage diaconal à Cadenet ;
    • Jose Andres Zuniga Rivas, en stage diaconal dans le secteur interparoissial de Saint-Symphorien à Avignon ;
    • Pablo Solis Encina, en stage diaconal à Pertuis ;
    • Peter de Chante-Coq, ermite à Grambois.

Les ordinands recevront leurs nominations le jour de leur ordination.

Voici maintenant les nominations pour cette nouvelle année pastorale, et je tiens à remercier l’ensemble des prêtres qui ont accepté leur nouvelle mission dans la joie d’être au service du Seigneur dans notre Église diocésaine :

Doyenné d’Avignon

  • Le père Léopold Wenga Bangwelo est nommé vicaire dans le secteur interparoissial de Saint-Symphorien à Avignon.
  • Un frère de Saint Jean rejoindra le prieuré des frères dans la paroisse Saint-Ruf d’Avignon, mais son nom ne nous est pas encore communiqué.

Doyenné du Grand Avignon

  • Le père Thierry Serrano, désormais incardiné dans le diocèse, est nommé curé du secteur interparoissial de Morières-lès-Avignon, Vedène.

Doyenné d’Orange - Bollène

  • Le père Frédéric Fermanel est nommé curé du secteur interparoissial de Camaret.
  • Le père Grégoire Vu est nommé vicaire à Orange et Caderousse.

Doyenné de Vaison-la-Romaine et Valréas

Doyenné de Carpentras

  • Le père Jean-Marie Gérard est nommé curé de la paroisse de Pernes-les-Fontaines ; il reste vicaire général.
  • Le père Gabriel Picard d’Estelan est nommé administrateur du secteur interparoissial de Monteux en attendant l’arrivée d’un nouveau frère qui arrivera en août et prendra la charge de curé dès qu’il parlera suffisamment le français.
  • Le père Robert Culat est nommé curé du secteur interparoissial de Saint-Didier-les-Bains.

Doyenné d’Apt

  • Le père Denis Vernin est nommé curé du secteur interparoissial d’Apt.
  • Le père Johan Baroli est nommé curé du secteur interparoissial de Saint Saturnin-lès-Apt ; il aura également la charge de prêtre référent du collège Jeanne-d’Arc d’Apt.
  • Le père Antoine Nguyen Tien Nhat est nommé curé du secteur interparoissial de Sault-de-Vaucluse.

Doyenné de Cavaillon - L’Isle-sur-la-Sorgue

  • Le père Élie Rakiswinde Bouda est nommé curé de Châteauneuf-de-Gadagne et Jonquerettes.
  • Le père Cédrick Byamongu Kagazo, des pères de la Doctrine Chrétienne, est nommé vicaire du secteur interparoissial de Cavaillon.

Doyenné de Pertuis Cadenet

  • Le père Cesareo Escarda Fernandez est nommé curé du nouveau secteur interparoissial ad experimentum de Pertuis, formé des paroisses de Pertuis, Villelaure, Ansouis, Sannes, Beaumont-de-Pertuis et Mirabeau.
  • Le père Christophe Pécout est nommé curé du nouveau secteur interparoissial ad experimentum de La Tour d’Aigues, formé des paroisses de La Tour d’Aigues, La Bastidonne, La Motte d’Aigues, Peypin d’Aigues, Saint-Martin de la Brasque, Grambois, La-Bastide-des-Jourdans et Vitrolles-en-Luberon.

Services

  • Le père Pascal Molemb Emock, vicaire général, prendra ès qualité de vicaire général la place du Père Jean-Marie Gérard au sein de l’ADAPA (Béthanie) et de l’APISECDA (Association immobilière de l’Enseignement Catholique).
  • Le père Marcel Bang, aumônier de l’Enclos Saint-Jean, est nommé également aumônier de l’Hôpital d’Avignon.
  • Le père Frédéric Beau est nommé aumônier du Centre pénitentiaire du Pontet.
  • Le père Frédéric Fermanel est chargé de coordonner avec les pères de la Doctrine Chrétienne la préparation et les festivités de la canonisation de César de Bus dans le diocèse.

D’autres nominations seront finalisées en septembre.

Je voudrais assurer les uns et les autres de ma prière à toutes leurs intentions, en me confiant moi-même à leur prière pour ces derniers mois au service actif de notre Église diocésaine.

 + Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon

Le livre du mois >
Des profondeurs de nos cœurs Benoît XVI et Cardinal Sarah

Au moment où certains semblent remettre en question le célibat sacerdotal pour palier le manque de prêtres dans des territoires reculés, les auteurs, des profondeurs de [leurs] cœurs, lancent un cri d’alarme : celui ci est un trésor qu’il ne faudrait surtout pas brader.
En effet si L’Église était une institution humaine se préoccupant de recruter des clercs, simples fonctionnaires, alors oui, le célibat serait une exigence dépourvue de raison.
Mais si l’Église est le corps mystique du Christ, si elle est divine et donc l’œuvre du Bon Pasteur avant d’être la nôtre, nous n’avons pas à nous substituer à Lui sous prétexte d’être plus efficace.
Si le prêtre est un autre Christ, et en tant que tel, époux de l’Église, totalement et exclusivement donné à Dieu et aux fidèles - notamment par la célébration de l’Eucharistie qui est le mystère du don par excellence - le sacerdoce est alors un état de vie.
Il ne peut par conséquent pas être réduit à une simple fonction de responsabilité et de distribution de sacrements, sous peine de verser dans le piège du cléricalisme dénoncé par le Pape François.
Certains arguent que le célibat n’a pas toujours été de rigueur au cours de l’histoire.
Mais c’est oublier d’abord que cette tradition remonte aux temps apostoliques et que cette nécessité a été rappelée par les Conciles dès le IVe siècle.
C’est oublier aussi que, selon le modèle des prêtres de l’Ancien Testament qui s’abstenaient de relations sexuelles aux périodes où ils officiaient dans le Temple, les hommes mariés et prêtres devaient pratiquer l’abstinence dès lors qu’ils étaient ordonnés.
Revenir à une telle situation serait ignorer la noblesse du sacrement de mariage rappelée au Concile Vatican 2, également don total et exclusif des époux l’un à l’autre.
La remise en cause du célibat sacerdotal affecterait donc aussi le sens du mariage, les deux fidélités s’excluant et se portant l’une l’autre.
Le livre se conclut par une émouvante exhortation aux prêtres à aimer jusqu’au bout à l’exemple du Christ sur La Croix et à nous fidèles de prier avec foi et persévérance pour que le Maître envoie des ouvriers à sa moisson.

Claudine DUPORT

Et si on passait au vert ? >
Du quotidien et de son bouleversement. Quels choix posons-nous ?

Durant ces derniers mois, nous nous sommes montrés capables de mesure _jolie vertu qui appelle la sobriété, la tempérance, la modération, la retenue ; peut-être sur des habitudes quotidiennes, peut-être sur des extra que nous pratiquons régulièrement, en tout sur des modes de vies que nous n’avions pas forcément l’intention de changer.

Et si nous n’avons pas été mesurés en toutes choses, nous avons toutefois accompli de nombreux sacrifices, consentis en premier lieu et par élan du cœur pour la santé de nos proches (pour la nôtre aussi bien sûr). Mais nous avons également accepté de pratiquer cette mesure forcée pour protéger la santé de grands inconnus que nous ne rencontrerons peut-être plus ou jamais.

Étaient-ce là les prémices de la conscience nécessaire d’un « avenir partagé par tous » comme le Pape François l’appelle de ses vœux dans Laudato Sì ?

Mesurons-nous notre force ?

Comment avons-nous réussi à assimiler cette rupture dans nos modes de vie, à nous « fixer des limites pour éviter la souffrance et la détérioration de ce qui nous entoure »1, si vite, alors que nous peinons à adopter de nouvelles habitudes qui seraient moins dangereuses pour nous-même, nos proches et la Création ? Si nous sommes capables d’un tel élan de générosité pour sauver des vies qui nous sont étrangères, qu’est ce qui nous retient d’initier des changements de pratique pour la sauvegarde de tous, de nos enfants mais aussi de notre prochain ? Qu’ils touchent notre consommation, nos modes de déplacements, nos loisirs, notre hygiène, ces changements nécessaires et attendus sont même moins radicaux que ceux que nous venons de vivre ! Souvent plus économiques, plus qualitatifs que nos pratiques habituelles, ils prennent en compte « l’impact que chaque action et chaque décision personnelle provoquent hors de [nous]-même »2.

Nous vivons dans un monde pollué (200kg de déchets arrivent chaque seconde dans l’océan 3), nocif (nous ingérons l’équivalent d’une carte de crédit de plastique par semaine 4), poussé à l’uniformisation (75% de la biodiversité des cultures a été perdue entre 1900 et 2000 5), mais avec quelle force nous reculons devant des solutions qui sont « de nouveaux chemins vers la vraie liberté »6 ! Choisissons la vie !

Marie-Anne Molle

1- Pape François, Laudato Si, 6-208
2 - id
3 - Programme ONU pour l’environnement, cité dans Famille presque zéro déchet par J. Pichon et B. Moret
4 - Isabelle Autissier, présidente WWF, citée dans LaCroix Hebdo n°41577 p36
5 - ONU pour l’alimentation et l’agriculture, citée dans CCFD courrier donateurs mai 2020
6 - Pape François, Laudato Si, 6-205

Enseignement catholique >
Témoignages des jeunes des établissements scolaires du Diocèse

Témoignages recueillis par Isabel Velasco de la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique

Julien (Terminal) 

Le confinement a apporté son lot de difficultés, de manque de motivation et de stress. Le stress dû à une charge de travail plus importante, la difficulté de réussir à allier le travail scolaire, les loisirs, les temps en famille et les temps pour Dieu, et le manque de motivation face à l’absence de nouveaux visages à voir, de nouvelles rencontres à faire, de nouvelles personnes à découvrir. Ce confinement a été, et est toujours, une source de désespoir et de fatigue. Cependant, il est aussi un temps, un lieu, où, avec le Seigneur, il est possible d’avancer. Je ne dis pas que c’est simple, la preuve en est que j’ai souvent baissé les bras. Mais Dieu est là, toujours avec nous, et malgré nos désespoirs, malgré nos manques de confiance en Lui, il nous offre toujours son Amour et son pardon. Il nous donne la chance de faire mieux et de faire plus avec Lui. Les problèmes, les difficultés, restent présentes même vécue avec le Seigneur. Cependant, Il est là et “près de Lui, je ne peux chanceler”, Il est le roc qui me permet de « tenir le coup », de faire face aux obstacles que le confinement dresse et qui, à première vue, semblent infranchissables.

Emma (3e

Cette Pâque est assez spéciale pour tout le monde parce que comme vous le savez la pandémie fait que nous ne pouvons pas sortir de chez nous et donc nous ne pouvons pas nous rendre à l’église personnellement. Je ne peux pas non plus faire mon baptême, prévu durant le temps Pascal. Mais je suis de nature à toujours positiver, alors je profite de ce temps de confinement pour prier. À vrai dire, avant le confinement je faisais déjà ma prière le soir avant de dormir ou bien le midi en rentrant de l’école, mais là ce n’est pas pareil j’ai tout le temps que je souhaite, je n’ai pas vraiment d’horaire. Si je veux prier pendant 10 minutes je le fais, si je veux prier plus longtemps je le fais, et je n’ai plus aucune excuse pour ne pas le faire
Pour conclure un peu tout ça je dirais que le confinement a été une chance de se rapprocher de Dieu, une chance qu’il faut saisir. C’est également une occasion d’être plus proche de sa famille et c’est un moment où il faut être solidaires les uns avec les autres. Donc même si ce n’est pas toujours facile de ne pas savoir de quoi demain sera fait, voyons le bon côté des choses et soyons tous solidaires.

Flavien (4e

« N’aie pas peur, Crois seulement » Je pense que cette phrase représente le moment que nous vivions de la peur du virus et que certaines personnes ne gardent pas leur calme. Dans cette phrase j’ai compris qu’il ne faut pas avoir peur car s’il on croît a l’espoir que Dieu nous donne pour l’antidote et que l’on croit à la vie éternel nous n’aurons pas peur.

 

Il y a 100 ans dans le diocèse >
Autrefois, dans le diocèse d’Avignon, au mois de Juin

L’archevêque d’Avignon au I° Concile du Vatican, mai-juin 1870

Le journal du Méridional, cité par le bulletin diocésain du 15 juin 1870, souligne dans un article la part active que l’Archevêque d’Avignon prend au concile : « la première fois qu’il a parlé, Mgr Dubreil a marqué sa place, une place distinguée, dans l’épiscopat catholique et qui honore le diocèse d’Avignon. Son discours sur l’alliance de la science et de la fois répond admirablement aux besoins de l’apologétique contemporaine. ». La pertinence de son propos a conduit le Concile à adopter et faire siennes les conclusions Mgr Dubreil.
L’article poursuit : « le 24 mai, Mgr Dubreil a obtenu une nouvelle audience du Saint-Père, qui l’a accueilli avec une bienveillance parfaite. Après l’avoir entretenu avec le plus vif intérêt de son diocèse, de son clergé, de l’antique cité de papes, Pie IX a reçu plusieurs prêtres d’Avignon, et sur la demande de Monseigneur, les a admis le lendemain à sa messe, dans son oratoire privé ». Quelques jours après, le 3 juin, il revenait à notre archevêque de célébrer le saint sacrifice de la messe devant le concile réuni en Congrégation générale.

L’abbé Payan, félibre majoral en 1920

L’abbé Payan

Le collège des Majoraux du Félibrige a appelé l’abbé Payan, curé de Vaison, a faire partie de leur académie.
 « L’abbé Payan n’a jamais cessé de parler et d’écrire provençal, bref, de maintenir la langue, ce qui est la tâche essentielle du félibre ». La Semaine Religieuse d’Avignon poursuit sa citation du journal l’Éclair, de Montpellier : « c’est dans ce milieu plein de charme et de noblesse que vit M. l’abbé Payan. Il a mené de front l’apostolat religieux et l’apostolat provençal. Il n’en est que plus aimé. Ceux qui ne vont pas à sa messe l’aiment parce qu’il est bon Provençal et les autres pour tout ce qu’il est. …Excellent écrivain provençal, il a publié des contes, il a rédigé un journal des plus intéressants, Lou Rampèu. »
L’abbé Jean-Paul Payan est né le 2 juin 1861 à Carpentras et après son ordination le 7 juin 1884, il fut vicaire à Notre-Dame-de-L’Observance jusqu’en 1889. IL fut ensuite successivement recteur de Flassan, de Vedènes en 1894 et de Mondragon en 1899. En 1903, il était transféré comme curé-doyen de Vaison, et distingué du titre de chanoine honoraire en 1919. IL est décédé le 12 juillet 1925.

Monseigneur Urtasun renonce à sa charge, 21 juin 1970

Monseigneur Urtasun

Après avoir présenté une première fois sa démission de sa charge d’archevêque d’Avignon, Mgr Urtasun adresse une nouvelle lettre à ses fidèles, pour leur annoncer que le pape Paul VI l’avait enfin acceptée.
Mgr Urtasun est arrivé dans le diocèse d’Avignon en 1955, comme évêque de Valence pour assister Mgr de Liobet, puis pour lui succéder en 1957.
En quelques mots touchants, il exprime sa reconnaissance à ses diocésains : « J’ai trouvé parmi vous une grande affection et une filiale confiance répondant à la mienne, très paternelle », il ajoute et précise : « le Seigneur m’a comblé en me donnant les Vicaires Généraux et les collaborateurs qui m’ont aidé, comme du reste tous ceux du Chapitre Métropolitain, du Conseil Épiscopal et du Conseil Presbytéral », et il continue ensuite la longue énumération des prêtres, séminaristes, religieux et religieuses contemplatifs et apostoliques, fidèles du Christ, aussi bien individuellement que dans les mouvements et associations,

Il y a dix ans : décès de Mgr Raymond Bouchex, le 9 mai 2010

Mgr Raymond Bouchex

Nous célébrions le 9 mai dernier, le dixième anniversaire du décès de Mgr Raymond Bouchex.
Ainsi qu’en témoignait un prêtre de notre diocèse qui l’a accompagné dans ses derniers instants : « il est parti comme un évêque, il avait les yeux ouverts ».
Nommé évêque auxiliaire d’Aix-et-Arles, il fut consacré le 19 mars 1972 en l’église Saint-Maurice d’Annecy. Il avait alors 45 ans et était le plus jeune évêque de France. Après 6 ans de collaboration avec Mgr de Provenchères, il est nommé archevêque d’Avignon pour succéder à Mgr Polge, le 25 avril 1978, et par ces mots s’adressaient à ses nouveaux diocésains : « Je vous salue tous : les prêtres dont le ministère est plus que jamais irremplaçable et à qui j’exprime ma fraternité profonde ; le diacre permanent à qui je souhaite qu’il ne reste pas trop longtemps seul ; les religieuses dont la consécration est indispensable à l’Église ; les laïcs qui sont à part entière les membres de l’Église et sur qui celle-ci compte pour l’avenir de la foi » et de continuer en confessant : « je ne vous promets pas de faire des miracles ni de répondre à tous vos espoirs. Je vous appelle plutôt à être… une église humble mais sans complexe, consciente de son besoin de conversion mais heureuse de croire au Père de Jésus-Christ et de proposer cette foi, attentive à la vie des homes et joyeuse de prendre du temps pour prier et bien célébrer dans les sacrements le Christ mort et ressuscité ». 

Abbé Bruno Gerthoux

Nouvelle évangélisation >
Thèse 10 : se convertir avant tout

Nous voilà, pour la plus-part d’entre nous, sortis d’une période de confinement. Période qui, pour certains fut synonyme de solitude, pour d’autres de surcroit de travail, voire de mise en danger.
Sans doute personne dans notre pays ne vivait comme d’habitude.
Carême, Pâques, Ascension puis au virage, Pentecôte, l’Esprit Saint « qui nous est donné et fait de nous des fils de Dieu… (musique) »
Et dans tout cela, où est la joie de l’évangile ? Cette joie immense que la mission nous donne de partager ?
La rupture vécue est peut-être une occasion de revisiter nos choix de vie ? Notre relation à la prière, à Dieu, aux autres, notre style de consommation, le but après lequel nous courrons, notre faculté à aider, à s’émerveiller, notre capacité à poser la Parole au centre de la journée.
L’occasion de vivre une conversion en quelque sorte.
Et dès lors, de devenir un être nouveau.
Serons-nous vraiment nouveaux ou glisserons-nous petit à petit dans la vie d’avant ?
Allons-nous remiser nos jeux de société aux beaux jours et nos vélos aux premières fraîcheurs ? Regrouperons-nous nos approvisionnements par facilité au détriment des filières locales à peine découvertes. Nous précipiterons nous sur les promesses d’un billet pour une destination lointaine ?
Quelle sera notre propre conversion ? Un changement de rythme, un changement de regard ?
Ce changement sera-t-il radical ou parsemé d’une multitude de prises de conscience, touches de couleur comme sur le tableau d’un impressionniste ?
Aurons-nous « un retard à rattraper » ou un alignement à refaire avec ce que Dieu attends de nous ?
Comment le savoir ? Prier, lire la Parole, encore prier… prendre du temps pour le discernement et plonger !
Avec l’aide du Christ, à la lumière des écritures, nourris par son Eucharistie, retrouvons la joie de l’Évangile et faisons d’elle notre joie. Pour pouvoir ensuite la porter à nos frères.
La mission, c’est être reconnus pour cette joie, pour l’amour que nous avons les uns pour les autres.
« C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on reconnaîtra en vous mes disciples » Jean 13-35
Cet amour qui prend sa source en Dieu.

Véronique MARGUET

Patrimoine >
XIXe siècle : un blanc manteau d’églises ?

Raoul Le Glabre, moine de l’An Mil raconte : « C’était comme si le monde entier se libérait, rejetant le poids du passé et se revêtait d’un blanc manteau d’églises. » Mille ans passèrent, le XIXe siècle répara les immenses destructions de la Révolution en semant, par centaines, églises et chapelles sur notre hexagone. Trop gâtés par nos trésors historiques plus anciens, nous dédaignons ces constructions néo-romanes, néo-gothiques, néo-byzantines… qui se dégradent souvent dans l’indifférence. Découvrez-les avec affection : nos pères les ont élevées. Voici trois exemples charmants dans notre diocèse, toutes trois cajolées et soigneusement entretenues par leurs paroissiens.

Chapelle Saint-Coeur de Marie

À Camaret, la chapelle Saint-Cœur-de-Marie élève au bout d’une allée de platanes sa façade élancée, élégante, blanche et ocre, son portail de pierre blonde, son fronton triangulaire supportant un mince clocheton légèrement galbé abritant sa cloche de bronze. Son dallage de marbre chante les vertus de Marie-Adélaïde Reboul, bienfaitrice du village. Née sous Louis XVI, elle la construisit en 1830 et y fut enterrée en 1860.

Notre-Dame de la Tour

À 2 lieues de là, à Sérignan, vous attend Notre-Dame de la Tour, petite, charmante dans sa modestie, elle veille un peu raide sur un carrefour entre deux grosses touffes d’Ifs, de cyprès et de pins, menacés hélas ! d’élagage…
Vous aimez la simplicité, un brin de sévérité, une élégance tout aristocratique ? Vous trouverez Notre-Dame de Consolation à la sortie de Sainte-Cécile-les-Vignes sur la route de Cairanne, enfouie dans un ravissant bosquet de pins et d’ifs donnant sur un océan de vignes borné à l’horizon par le Ventoux et les Dentelles.

Notre Dame de Consolation

Elle fut reconstruite en 1858 sur les ruines d’une chapelle votive érigée lors de la pandémie de peste de 1624 grâce aux dons d’un rescapé… rappel à notre temps de confinement et de pandémie ? Ces trois chapelles sont toujours ouvertes au culte, les deux premières mensuellement, la dernière pour la Nativité de la Vierge. Elles témoignent de la foi vivante et ont besoin de votre présence : les bulletins paroissiaux vous donneront les horaires.

François-Marie Legoeuil